Que reste-t-il, dans lfapres-coup, des faits que nous avons connus? Que nous ont-ils fait, qufont-ils defait en nous? Et sur le long terme, qufen avons-nous fait? En avons-nous ete durablement marques et affectes?
Se situant dans la continuite dfune recherche internationale sur lfeffets des evenements sur la personne, nous sommes partis ici dfun evenement general precis, celui dit de "mai 1968" en France, pour evaluer ce que des tout-venants, dfage differents a lfepoque, pouvaient en dire quatre decennies plus tard.
Notre objectif a ainsi ete de remonter le cours de lfevenement collectif en suivant le fil de la memoire de personnes lfayant vecu, ou entendu raconter, ceci du fond de leur ancrage culturel, social, geographique et en lien avec leur situation personnelle a lfepoque.
Quelques regards croises et distancies sur ces recits permettront de tirer un enseignement de ces eclairages, ponctuels mais veridiques, humanisant lfhistoire. Qui montrent que ce qui nous forme dans la vie, ce qui forme notre vie, nfest pas toujours en lien direct ni proportionnel avec ce qui se passe. Que le processus depend avant tout de nous. Que cfest nous-meme qui produisons le monde qui en retour, nous produit.
Martine Lani-Bayle, apres avoir ete pendant vingt ans psychologue clinicienne aupres dfenfants en difficultes sociales et familiales, est enseignante-chercheuse depuis 1994 a lfuniversite de Nantes ou elle est maintenant professeur en Sciences de lfeducation. Elle est lfauteur de nombreux ouvrages. www.lani-bayle.com
Marie-Anne Mallet, est psychologue de formation initiale et docteur en Sciences de lfeducation. Elle enseigne depuis 1999 a lfuniversite de Nantes et est chargee de mission dans lfEnseignement Catholique. |